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Vues d'ailleurs …et en particulier de Colombie

Patagonie: un énième blog de voyage

3 juin 2013 9 h 16 min / Leave a Comment / kanka
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Je commence avec ce post une série d’articles sur un voyage de 2 mois que mon épouse et moi-même avons fait en Patagonie en début d’année. Il s’agit donc d’un récit réchauffé, écrit quelques mois plus tard.

En fait, l’idée de base était d’écrire ces articles en cours de route, au fil de notre progression: j’avais d’ailleurs préparé ce blog pour que ce soit au plus pratique, avec possibilité d’ajouter des photos, des cartes, tout le bastringue. C’était sans compter sur le fait que ce genre d’installations sous wordpress devient assez rapidement une énorme usine à gaz qui fonctionne à peu près lorsqu’on a une connexion internet rapide et fiable, mais qui devient très vite frustrante lorsqu’il faut patienter de longues minutes sur les pcs trouvés sur le chemin munis de connexions internet un tantinet brinquebalantes.

Car oui, nous avions décidé de partir légers, à savoir de ne pas embarquer d’ordinateurs portables/tablettes/smartphones, malgré le fait que allions louer une voiture pour la plupart du voyage.  En effet, on ne voyait pas trop l’intérêt de rechercher des endroits perdus au milieu de nulle part si c’est pour emmener avec nous des gadgets sur lesquels nous allions forcément passer beaucoup de temps, et qui allaient forcément nous rapprocher d’un quotidien dont on cherchait justement à s’évader.

Et à propos de temps, l’idée d’écrire en cours de route paraissait tout à fait faisable lorsque nous préparions ce voyage: après tout, en 2 mois, on devrait tout de même pouvoir trouver un peu de temps pour écrire quelques lignes. Eh ben… il se trouve qu’écrire en cours de route, mettre des photos en ligne, faire des cartes, etc… est en fin de compte plutôt chronophage (surtout si l’on doit chercher un café internet), et après 2 tentatives avortées je me suis dit que je préférais profiter des lieux magnifiques que nous traversions plutôt que de me visser à une chaise devant un écran.

Et en fin de compte, le fait d’écrire ces articles maintenant que plusieurs mois sont passés me permet d’une certaine façon de me replonger sur les routes patagoniennes et de revivre un peu cet extraordinaire voyage. À ce propos, bien d’autres avant moi se sont essayés à la tâche du récit de voyage, et beaucoup avec bien plus de talents. Je décide néanmoins de m’y lancer d’une part en guise d’aide-mémoire pour moi-même plus tard, et d’autre part parce qu’aimant lire les récits d’autres personnes, je me dis que c’est peut-être également votre cas.

Bonne lecture!


Afficher Patagonie sur une carte plus grande

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Futbol!

8 septembre 2012 12 h 00 min / Leave a Comment / kanka
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À moins d’avoir vécu dans une caverne durant toute votre vie, vous devez bien vous douter que le foot a une place particulière en Amérique Latine. La Colombie ne fait pas exception à la règle: bien que l’équipe nationale n’a pas eu les succès d’autres pays du continent, lorsque la selección joue, le pays s’arrête.

Hier, la Colombie recevait l’Uruguay pour les qualifications au prochain mondial, qui se déroulera chez les voisins brésiliens. La Colombie n’est pour le moment pas très bien barrée, et il n’est pas certain qu’ils arriveront à se qualifier: faut dire que la concurrence est assez rude dans ce coin du monde. Impossible de ne pas être au courant du match, les noticieros (à savoir les journaux télévisés) en ont parlé en long et en large, d’autant plus que l’adversaire est de taille: l’Uruguay n’a pas perdu depuis 18 matchs.

En fait, pour quelqu’un qui s’intéresse assez peu au foot comme moi, il n’est même pas nécessaire d’allumer la radio/télé/internet pour se tenir au courant de l’avancée du match: à chaque but, le quartier entier résonne sous les « gooool » criés depuis partout. Et comme les gens s’arrangent pour prendre une pause ou partir du boulot plus tôt afin de pouvoir suivre le match, il y a du monde pour crier. Je dois dire qu’au premier match d’importance qui a eu lieu après mon déménagement ici, je me suis demandé ce qui pouvait bien se passer en entendant ces cris!

Radamel Falcao, héros du match

J’ai donc su rien qu’en tendant l’oreille que la Colombie avait marqué 4 goals, et plus tard qu’ils avaient mis une raclée à l’Uruguay: 4-0! Événement national! Plus de la moitié des noticieros du soir y était consacrée, avec force envoyés spéciaux à Barranquilla, interview des principaux protagonistes,  goals passant en boucle, bref, la totale. Et ça n’est pas comme si le pays venait la semaine même d’entrer dans un (énième? mais néanmoins historique) processus de paix avec la guerilla!

À Barranquilla? Oui, la Colombie ne joue pas ses matchs à Bogotá, mais à Barranquilla, la ville principale de la côte caraïbe. Pour quelle raison? Eh bien, en ayant demandé autour de moi, il semblerait que se soit pour exploiter l’avantage géographique: Barranquilla est un four tropical où la température en journée dépasse souvent les 30°C, et de l’avis même des commentateurs il y faisait un calor impresionante durant le match. La plupart des joueurs venant de la côte caraïbe, ils sont habitués à jouer dans de telles conditions – ce qui n’est pas forcément le cas de l’équipe adverse! Tous les moyens sont bons… Ceci étant, les Colombiens ne sont pas les seuls à recourir à ce genre de stratagème: la Bolivie jouait ses matchs à El Alto, banlieue de La Paz située à… 4100 mètres d’altitude! Cela dit, les instances footbalistiques sud américaines ont décidé d’y mettre le holà l’année dernière, prétendant devoir examiner l’homologation du stade.

Et pour terminer, je ne peux pas vous laisser quitter cet article sans un extrait du commentaire live lors des buts: « gooooooooool de colombiaaaaaaaaa »!

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Scène improbable au Sofitel de Cartagena

3 septembre 2012 0 h 27 min / Leave a Comment / kanka
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Scène improbable? Sofitel?? DSK est en Colombie???

Non, ce dernier n’est pour rien dans l’histoire, bien qu’il s’agisse tout de même d’une scène de lutte entre une employée de l’hôtel et un hôte quelque peu particulier!

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Les achats sur l’internet colombien

18 août 2012 19 h 57 min / Leave a Comment / kanka
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J’ai déjà parlé dans un autre post des méandres de l’administration colombienne. L’air du temps voudrait que « Oui, mais le privé c’est plus mieux bien ». Intéressons-nous donc dans ce post à comment fonctionnent 2 choses aussi banales que sont l’achat de billets d’avion et de pizza sur l’internet colombien.

La compagnie d’aviation nationale, Avianca, fait la fierté des Colombiens. En fait, à peu près tout ce qui est colombien fait partie de l’orgullosamente colombiano: il règne ici un esprit de glorification de tout ce qui est local, une sorte d’impression de génie non-compris de la part du reste du monde. En comparaison, le chauvinisme de nos voisins français pourrait presque passer pour de l’humilité :) Bref, qu’il s’agisse d’une forme de méthode Coué ou d’une réaction au fait « que le reste du monde nous traite mal » comme l’explique ma chère et tendre, le fait est qu’il vaut mieux ne pas trop s’aventurer à critiquer ce qui touche à la Colombie auprès d’un Colombien – ils le prennent généralement comme une insulte personnelle. J’en profite donc un peu sur ces pages :)

Mais je digresse. Je cherchais donc à me rendre sur la côte caraïbe colombienne pour quelques jours, et Avianca dessert plutôt bien les connexions Bogotá-Cartagena. Ils ont un site web pour leurs réservations – normal. C’est au moment du paiement que les choses commencent à se pimenter.

Après avoir entré plusieurs fois mes informations de carte de crédit et les voir refusées, nous nous résolvons à les appeler – les Colombiens adorent le téléphone. Il en est ressorti que pour pouvoir acheter un billet online, il faut d’abord être inscrit dans leur base de données, et ceci se fait par téléphone. Soit, je m’exécute, on me demande mon número de cédula, mon adresse ici, mon adresse auprès de ma banque suisse, et j’en passe.

5 minutes plus tard, le grand-guignolesque commence. On me rappelle pour, je cite, valider mon enregistrement dans la base de données d’Avianca et leur re-communiquer toutes mes informations, par « mesure de sécurité ». Je tique un peu, et on me dit que c’est ma banque qui demande confirmation – alors qu’on devait être samedi dans la nuit en Suisse et que les banques sont évidemment fermées. Je leur rétorque que je ne peux pas savoir que c’est bien Avianca qui est en train de m’appeler – je dois donc appeler à nouveau leur call-center.

Je m’exécute donc (ils commencent gentiment à me chauffer, mais j’ai toujours envie d’aller me prélasser sur la plage). Et rebelote, je dois décliner mon nom tel que sur ma cédula, mon nom tel que sur ma carte de crédit, mon adresse ici, le lieu et pays d’émission de la carte (je me suis fait un plaisir de le dire à toute vitesse en français), etc… Je leur fait remarquer que tout cela me paraît un tantinet absurde, et on me sort le couplet que tout ceci est « pour ma sécurité ».

On pourrait arguer que même si l’achat d’un billet d’avion est chose courante en Europe, c’est peut-être moins le cas ici, et que vu la différence de niveau de vie les montants en question sont plus importants ici qu’ailleurs. Je suis moyennement convaincu, surtout avec l’exemple qui suit, l’achat d’une pizza sur internet.

Les livraisons à domicile sont très courantes ici, et cela se fait généralement par téléphone. Certaines entreprises proposent néanmoins de le faire par internet. J’ai tenté une fois l’expérience, en indiquant – outre l’éternel número de cédula - que je paierais cash; la pizza serait livrée dans 20 minutes, très bien. 15 minutes plus tard, le téléphone sonne: on veut que je confirme que j’ai bien commandé une pizza sur internet… J’imagine que si j’avais demandé de payer par carte de crédit, le directeur de l’entreprise m’aurait téléphoné pour prendre mes données.

Morale de l’histoire: les Colombiens utilisent internet comme un annuaire téléphoniques – « c’est quand même une sécurité »

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À travers les rues de Bogotá

22 juillet 2012 19 h 39 min / Leave a Comment / kanka
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En voiture à travers Bogotá, un calme samedi après-midi

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Escapade dans les Llanos…

19 octobre 2011 19 h 17 min / Leave a Comment / kanka
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…où force est de constater que la Suisse ne nous prépare pas vraiment pour ce type d’environnement – cf plus bas.

Mais tout d’abord, les Llanos, kesako? C’est le gigantesque territoire s’étendant à l’est des Andes jusqu’à l’Orénoque et la frontière Vénézuélienne, constitué de basse-terres (400m, en comparaison des 2600m de Bogotá) quasiment plates, recouvertes essentiellement d’herbes et subissant (de mon point de vue, on le subit effectivement!) un climat on ne peut plus tropical: 35°C à l’année et 100% d’humidité.

Alors vous me direz que, du point de vue de la Suisse et de l’hiver approchant, 35°C à l’année c’est le pied. Ben oui mais non! J’en avais déjà vaguement parlé dans le post sur l’El Dorado: il s’agit de la région où les frères de Quesada se sont aventurés en quête des Cités d’Or, et dont la quasi totalité de l’expédition est morte en cours de route à cause des fièvres jaunes et autres malaria. Rassurez-vous, ça n’a (manifestement) pas été mon cas, mais mon pauvre phénotype helvétique a tout de même un peu souffert: la faune locale semble apprécier la nourriture étrangère, jugez plutôt:

Ce ne sont pas des moustiques les responsables de ces piqûres qui démangent infiniment plus que ce qu’elles en ont l’air, ni même un jaguar qui m’aurait affectueusement mordillé, mais des sortes de pûcerons minuscules que les Colombiens appellent coloraditos - petit colorés, un nom bien trop affectueux pour ces sales bestioles – qui se trouvent un peu partout sur le sol des Llanos. Et au risque de définitivement réduire en miettes l’impression d’aventure que les lignes précédentes ont peut-être suggérée, j’ai attrapé ces chers petits colorés non pas en coursant le bétail sur le dos d’un cheval, mais… en marchant sur du gazon (même pas un pré!) avec des sandales… Je n’aurais pas duré une semaine dans l’expédition des frères de Quesadas!

La raison de mon côtoiement de ces chères bestioles était un séjour dans la ferme de ma belle-famille. Ce ne sont pas des fermiers à proprement dit, mais c’est pour ainsi dire une tradition familiale: le grand-père était un colon à Villavicencio, la porte des Llanos située aux pieds des Andes, et la ville d’actuellement 400’000 habitant n’était à l’époque qu’un village. Il suffisait d’y arriver et de planter des piquets autour d’un bout de terre pour en devenir propriétaire. C’était le Far West à la Colombienne (enfin, il s’agirait plutôt du Far East!), et ça l’est toujours un peu à mesure que l’on s’enfonce dans l’est du pays: les provinces situées tout à l’est sont pour ainsi dire désertes.

Mon beau-frère jouant au cow-boy

La ferme est donc située à environ une heure à l’est de Villavicencio, et il s’agit d’une authentique ferme, pas d’une maison de vacances, d’une centaine d’hectares (petit pour la Colombie!) et d’une centaine de bêtes à cornes: la terre n’étant pas très fertile, il faut beaucoup de place pour nourrir tout ce monde – ça n’est pas l’Amazonie située plus au sud du pays. Ceci étant, les rivières abritent leur lot de bestioles qui n’ont rien à envier à leurs voisines du sud: dans ce qui semble être un paisible ruisseau derrière moi, l’employé de la ferme y a trouvé un anaconda de… 7 mètres!

La rivière derrière la ferme

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Au marché d’Usaquén

19 septembre 2011 18 h 21 min / Leave a Comment / kanka
Clone de Celia Cruz à Usaquen

Vu aujourd’hui au coin d’une rue du marché d’Usaquén, au nord de Bogotá: un clône de Celia Cruz affublé de son danseur et de la soeur de Fétide Addams, une vendeuse d’épis de maïs grillé, une fliquette qui glandouille et des 4×4. Que típico!

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De Ursy à Bogotá

15 septembre 2011 17 h 56 min / Leave a Comment / kanka
Fondue Mifroma telle que vue dans un prospectus de Carrefour, version colombienne

Fondue made in Mifroma, de Ursy à Bogotá: qui l’aurait cru! Ceci dit, vu la couleur et la texture, je reste un peu dubitatif.. Et du pain aux céréales dans la fondue?!

Fondue Mifroma telle que vue dans un prospectus de Carrefour, version colombienne

Fondue Mifroma telle que vue dans un prospectus de Carrefour, version colombienne

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C’est pas tout ça, mais…

1 septembre 2011 17 h 53 min / Leave a Comment / kanka
Ma Cedura de estrangería

…il va bien falloir que je trouve du boulot ici. Un jour. Peut-être?

Etape indispensable dans ce sens, la cédula de extranjería, une sorte de permis B/C colombien (les Nationaux ont eux une cédula de ciudadanía).

Ma Cedura de estrangería

Les Colombiens en raffolent, il faut donner son numéro de cédula à tout bout de champ: payer avec une carte de crédit? Número de cédula por favor. Ouvrir un compte en banque? Il en faut 2 photocopies, dont une agrandie, et présenter l’orginale. Louer un appartement? Cédula, encore une fois. C’est donc un sésame indispensable pour séjourner par ici.

Pour l’obtenir, il faut se présenter dans un petit bureau archi-bondé d’étrangers (forcément; il est rare d’ailleurs de voir autant d’étrangers au même endroit à Bogotá!) situé de l’autre côté de la ville (1h de bus depuis mon pied-à-terre), muni de 2 photos récentes 3cmx4cm (avec fond bleu), 2 photocopies du passeport, dont une agrandie, 2 photocopies du visa, dont une agrandie, un certificat de groupe sanguin (je dois dire que je connaissais pas mon propre groupe sanguin avant ça…), la preuve de paiement des 144’250 pesos (environ 70 francs) réglementaires, et le formulaire de demande dûment rempli. Ceci fait, un fonctionnaire m’a repris en photo, et m’a pris une hallucinante série d’empreintes digitales: les mains entières puis chaque doigts individuellement sur un scanner, puis l’index se trouvant sur le cédula à l’encre. Ouf!

Il faut ensuite patienter 15 jours, et revenir chercher le précieux sésame dans le même bureau. Je l’ai depuis lundi, et c’était d’ailleurs ma première exploration solitaire du joyeux système de bus bogotanais. Faudra que j’en reparle, c’est pas triste!

Etape suivante dans la jungle administrative, le permis de conduire. Le permis international n’étant pas valable pour les résidents d’un pays, il faut que je me fasse faire un permis colombien. Ca ne s’annonce pas de tout repos: après avoir vainement tenté de téléphoner à droite à gauche pour savoir comment procéder, nous nous sommes rendus dans un centro de atención, pour apprendre que vu que mon permis de conduire n’a pas de date d’échéance (!), je dois refaire à zéro un permis ici… Le centre d’attention en question étant une entreprise privée mandatée par le gouvernement, je suis pas loin de suspecter une manigance pour nous extraire quelques centaines de milliers de pesos de plus… Affaire à suivre!

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À la recherche des Cités d’Or

29 août 2011 17 h 16 min / Leave a Comment / kanka
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Voilà que je révèle déjà le véritable but de mon séjour en Colombie: trouver le fameux Eldorado!

Laguna de Guatavita

Dans ce but, nous sommes partis vers la Laguna de Guatavita, au nord de Bogotá, où les caciques des Chibchas s’y baignaient, recouverts d’or, lors de leur intronisation. Ce fait réel attisa la curiosité (entendez la cupidité) des conquistadores espagnols, déjà titillés par la légende des Cités d’Or, au point qu’Hernán Pérez de Quesada, le frère du fondateur de Bogotá, s’attela à faire baisser l’eau de la Lagune à l’aide de… seaux d’eau! Il réussit néanmoins à faire baisser le niveau de 3 mètres, après plusieurs années de labeur et accessoirement avec l’aide de quelques centaines d’hommes.

Petite digression au passage: poursuivant leur recherche de l’Eldorado, les frères de Quesada montèrent une expédition de plusieurs milliers d’hommes à travers les Llanos, les étendues herbeuses s’étendant sur des centaines de kilomètres à l’est des Andes, dont Villavicencio est la porte. Ce fut un échec total: ils en revinrent broucouille (comme on dit dans le Bouchonois), après 2 ans, et avec seulement une poignée des hommes qui les accompagnaient, le reste ayant succombé aux fièvres jaunes et autres malaria. Certains suggèrent que Cervantes s’est inspiré de cette histoire pour écrire Don Quichotte.

Fin de la digression, revenons à la Guatavita. Hernán Pérez de Quesada n’y trouva donc pas de cités d’or plongées sous l’eau, mais tout de même des pièces et des bijoux en quantité suffisante pour motiver d’autres chercheurs d’or, plus déterminés, à percer la montagne pour vider un peu plus la laguna. La brêche en forme de V ci-dessous est le résultat de multiples tentatives:

Cela dura jusqu’en 1985 (oui oui, il y a 26 ans!), date à laquelle la laguna était complètement vide et où les derniers acharnés (des anglais) finirent de râcler le fond herbeux pour voir si, on ne sait jamais, il n’y aurait pas quelque chose. Le mythe restera un mythe, pas de cité d’or sous les algues, mais à ce que l’on dit une machine de drainage y est toujours. Depuis une dizaine d’année, le site est maintenant protégé, et l’eau de pluie a rempli la laguna.

Mis à part la laguna, la région est très jolie, et c’est un agréable bol d’air frais pas très loin de Bogotá. Ce vert, ces montagnes et ces collines, on se croirait presque en Gruyère non? Il y a même des Holstein pie noire, tertchu! Enfin à un détail près: on est à 2800 mètres d’altitude, et la cigarette ainsi que ma première grippe colombienne m’ont fait souffler bien lourdement lors de la petite grimpette à la laguna!

Paysage autour de la Laguna de Guatavita

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à la ville du même nom, Guatavita la Nueva, au bord du Lac artificiel créé par le barrage de Tolimé. La Nueva, car contrairement au château d’Ogoz au milieu du lac de la Gruyère, la ville de Guatavita a été reconstruite à la mode coloniale (par une firme ayant un nom de conquistador, Ponce de León, ça ne s’invente pas!). C’est donc du faux vieux, mais ça le fait quand même, la ville est très jolie et très agréable.

Ville de Guatavita

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